Deux ans sans convention
Des paramédics de la Rive-Nord manifestent au Grand Prix de Montréal
Sans contrat de travail depuis plus de deux ans, des paramédics des régions de Montréal, de la Rive-Sud et de la Rive-Nord se sont rendus sur le site des festivités du Grand Prix de Montréal vendredi 13 juin, à la rencontre des citoyens.
Ils soulignent ainsi que la présentation du Grand Prix serait impossible sans la disponibilité en permanence de paramédics dédiés. Or, si les pilotes de bolides de course doivent pouvoir compter sur des paramédics prêts à intervenir à tout moment, il devrait en aller de même pour toute la population. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Dans plusieurs villes, la surcharge de travail est telle que cela se fait sentir dans les temps d’intervention. À cause de conditions de travail inadéquates, il est de plus en plus difficile de recruter de nouveaux paramédics et de les retenir dans le secteur.
En guise de clin d’œil au gouvernement qui exige sans cesse davantage des paramédics, comme s’ils étaient des citrons qu’on peut presser à l’infini pour en obtenir plus du jus, les paramédics ont servi de la limonade fraîche aux passants et touristes sur la rue Crescent.
« La population ne sait pas que le gouvernement nous méprise carrément quand vient le temps de négocier nos conditions de travail, explique le président du Syndicat du préhospitalier, Claude Lamarche, représentant les paramédics d’Urgences-santé à Montréal et à Laval. C’est devenu presque un rituel : à chaque négociation, le gouvernement se traîne les pieds pendant des années au lieu de se mettre en marche dès le jour un. Mais cette fois-ci, c’est du jamais vu : les demandes du gouvernement auraient pour effet de baisser notre rémunération. On a laissé la chance à la négociation, mais là assez c’est assez! Le gouvernement doit répondre de ses actes ».
En dehors de Montréal et de Laval, les paramédics travaillent pour des entreprises privées ou pour des coopératives.
« Nos employeurs s’en lavent les mains, dénonce le président du Syndicat des paramédics Laurentides–Lanaudière, Danny Leggo Beaudoin. Le gouvernement, qui paie presque entièrement les services, leur a garanti leurs marges de profits quoi qu’il advienne. Alors, ils voient bien que les conditions de travail qu’ils offrent ne tiennent pas la route. Ils vont chercher, à grands frais, du personnel d’agences privées pour combler les remplacements et c’est le gouvernement qui paie, à leur place, les sommes supplémentaires. C’est indécent ! Le vérificateur général a dénoncé cette mauvaise gestion dans son dernier rapport, mais le gouvernement semble faire exprès de regarder ailleurs ».
« La CAQ annonce de nouveaux investissements ces temps-ci pour améliorer les temps de réponse, poursuit le président du Syndicat des paramédics et du préhopitalier de la Montérégie, Gaétan Dutil. Tant mieux si le gouvernement réalise que les ressources sont insuffisantes sur le terrain. Ces ajouts sont bienvenus. Mais ce qu’on constate au quotidien, c’est qu’il est de plus en plus difficile d’attirer de nouveaux paramédics et qu’il y a en plein qui décident finalement de réorienter leur carrière, à cause de conditions de travail qui ne sont pas à la hauteur. Alors, la CAQ a beau ajouter des camions de plus, on s’en réjouit, mais il ne faudrait pas oublier que le préhospitalier, c’est d’abord et avant tout des paramédics. Ce sont eux qui donnent les soins ».
Moyens de pression
Les 3300 paramédics membres de syndicats CSN détiennent des mandats de grève générale illimitée. La grève pourrait être déclenchée à tout moment. Les prochaines rencontres de négociation se tiendront les 16 et 17 juin 2025.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...
LIRE LA SUITE
Les escaliers sont bons pour le cœur
Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...
LIRE LA SUITE
Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE