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Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec

Des syndicats inquiets que le titre de techniciennes en laboratoire soit aboli

Des syndicats inquiets que le titre de techniciennes en laboratoire soit aboli
Photo: La Presse Canadienne, 2024

Les syndicats représentant les travailleurs du réseau public s'inquiètent de l'intention du ministère de la Santé et des Services sociaux d'abolir le titre de techniciennes de laboratoire pour les regrouper sous l'Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec.

Les organisations syndicales – l’APTS, la FSSS-CSN, la FP-CSN, la FIQ, la FSQ-CSQ, le SCFP et le SQEES – ont reçu un avis d'intention du ministère il y a quelques semaines présentant sa volonté de mettre en place ce changement. Selon elles, l'objectif du gouvernement est de contrer la pénurie de personnel qui sévit dans les banques de sang et les centres de prélèvement, mais ce n'est pas la bonne façon d'y parvenir.

Après réception de l'avis du ministère, un délai de 90 jours est accordé pour transmettre une réponse syndicale.

Les techniciennes en laboratoire ne cesseraient pas de pratiquer avec l'abolition de leur titre; elles seraient regroupées dans l'ordre professionnel des technologistes et devraient payer les cotisations annuelles (environ 400 $ par année) pour en faire partie.

Il faut savoir d'emblée que les techniciennes en laboratoire et les technologistes médicaux occupent des emplois similaires. Il s'agit de la même formation collégiale et l'échelle salariale est la même. L'une des distinctions importantes est l'appartenance à un ordre professionnel, car les technologistes médicaux peuvent faire des actes réservés, et l'ordre assure la protection du public en contrôlant l'exercice de la profession de ses membres.

Des actes réservés peuvent être réalisés seulement dans certains domaines, c'est-à-dire pour les technologistes travaillant dans les centres de prélèvement, à la banque de sang et celles travaillant en pathologie.

C'est là que le bât blesse, selon les syndicats. «Il y a très peu d'actes réservés dans les laboratoires. Donc il y a plusieurs personnes qui se disent: pourquoi j'ai besoin d'être membre d'un ordre professionnel alors que je ne fais pas d'actes réservés dans ma pratique et c'est là qu'elles choisissent d'être techniciennes de laboratoire diplômées plutôt que d'être technologistes médicales parce que pour elles, à la fin, tout ce que ça change c'est l'obligation de dépenser à peu près 400 $ par année pour être membre de l'ordre professionnel», a expliqué un représentant de l'APTS. Il pense que le projet du gouvernement sera reçu difficilement par ses 1100 membres techniciens et techniciennes.

Il a précisé qu'il existe une clause dans la convention collective qui permet de rembourser la moitié des coûts du permis délivré par l'ordre professionnel, mais seulement pour les postes à temps plein. Selon l'APTS, cela exclut beaucoup de travailleurs, notamment des employés de soir et de nuit.

Les syndicats veulent que le ministère recule sur son projet et qu'il maintienne le titre de technicienne de laboratoire. Au lieu qu'il y ait plus de membres dans l'ordre professionnel pour aller travailler dans les secteurs d'actes réservés, les syndicats suggèrent de mettre en place des incitatifs, par exemple des primes pour pratiquer dans les banques de sang, un secteur où les besoins sont grands puisqu'il doit fonctionner 24 heures sur 24.

Le porte-parole de l'APTS affirme que d'offrir de meilleures conditions de travail permettrait d'attirer des techniciennes dans les secteurs névralgiques et elles feraient volontairement les démarches pour faire partie de l'ordre professionnel. Elles risquent davantage de vouloir y rester à long terme, dit-il.

«Cette mesure ne règle rien. Elle ne fait que déplacer le problème sans s’attaquer aux causes profondes de la pénurie dans les laboratoires: des conditions de travail difficiles, un manque de reconnaissance professionnelle et une organisation du travail déficiente», ont soutenu d’une seule voix les sept organisations syndicales, dans un communiqué publié vendredi.

Rappelons que le ministère de la Santé avait déjà tenté de mettre en œuvre une mesure similaire en 2023, mais qu'il avait fait marche arrière.

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Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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