Agriculteur et conseiller municipal à Mirabel: il dit non à l'oléoduc de TransCanada
Michel Lauzon a promis de remettre deux chèques de 1000$ à TransCanada.
Conseiller municipal à Mirabel et propriétaire de terres agricoles sous lesquelles TransCanada envisage passer son oléoduc Énergie Est, Michel Lauzon a la ferme intention de s’opposer au géant pétrolier.
C’est la forte mobilisation dans la région de Lanaudière, notamment du côté des agriculteurs, qui l’a convaincu d’emboîter le pas au mouvement contestataire.
«Nous n’avons pas besoin de ça ici. Imaginez, jusqu’à 1 100 000 barils de pétrole par jour pourraient passer dans le tuyau. On va entendre gronder», indique celui qui cultive quelque 270 hectares de terres dans le secteur de Saint-Janvier.
N’ayant pas la prétention d’être un expert dans le domaine, ce producteur de maïs sucré se dit persuadé d’une chose: le risque zéro en matière de déversement n’existe pas.
«Je ne suis peut-être pas ingénieur en métallurgie, mais je sais toutefois une chose, la friction qu’il va y avoir dans le tuyau va créer une turbulence au niveau des métaux. C’est sûr qu’une usure va se faire à la longue», indique celui qui est machiniste de formation.
Remettre les 2000$ à TransCanada
Il y a déjà deux ans que M. Lauzon et sa conjointe ont été informés que leur sous-sol était convoité pour y faire circuler du pétrole de l’Ouest.
Selon le tracé préliminaire de TransCanada, ses deux terres situées sur la Côte Saint-Pierre seraient traversées d’un hectare de long chacune par l’oléoduc Énergie Est.
Dans le cadre de l’une des premières visites de courtoisie qu’avait menées la compagnie albertaine chez eux, deux compensations de 1000$ leur avaient été offertes afin de mener des activités exploratoires sur leurs terres.
Plusieurs mois après avoir encaissé l’argent, le couple a pris la décision de retourner l’argent à l’entreprise.
«Nous ne voulons plus rien savoir. Nous allons plus que leur mettre des bâtons dans les roues, nous allons leur ôter les roues au complet. Ce n’est pas l’héritage que je veux laisser à mes petits-enfants», mentionne M. Lauzon en précisant qu’il rejetterait toute autre somme d’argent de TransCanada.
Questionné à savoir s’il tenterait de convaincre ses collègues du conseil à s’opposer formellement au projet Énergie Est, Michel Lauzon a rétorqué qu’il serait difficile de rallier la majorité de son côté.
Réaction compréhensible, selon TransCanada
Joint par téléphone, le porte-parole du projet Énergie Est, Tim Duboyce, a dit comprendre les inquiétudes des propriétaires. C’est pour cette raison que le transporteur continue les discussions avec les gens concernés, a-t-il ajouté.
«Nous comprenons les préoccupations et c’est pour cette raison que nous nous engageons à discuter du projet avec eux afin qu’ils puissent comprendre les enjeux et les mesures de sécurité que nous mettons en place lorsque nous construisons un oléoduc».
Selon le porte-parole, des opposants organisés au projet véhiculent de l’information en matière de sécurité qui est inexacte.
Selon le tracé préliminaire, l’oléoduc Énergie Est traversera le territoire de la ville de Mirabel sur une distance de 37 kilomètres, ce qui en ferait une des villes du Québec les plus touchées par la construction du pipeline.
TransCanada souhaite voir du pétrole couler dans le tuyau au début de l’année 2020.
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