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Remous à la caserne de pompiers de Boisbriand

Remous à la caserne de pompiers de Boisbriand
Photo: Eric Mondou

La volonté de passer à un service de sécurité incendie à temps plein ne se fait pas sans heurts à la caserne de Boisbriand. 

Il y a déjà quelque temps que la municipalité a annoncé son intention d’obtenir un service 24 heures aux incendies. Alors que les négociations sont en cours depuis quelque mois pour mener à bien ce projet, cette transition provoquerait certaines frictions au quartier général des pompiers sur le boulevard de la Grande-Allée. 

«Mon groupe est séparé en deux. Un est en désaccord avec la nouvelle vie que le service veut se donner et, au lieu d’attendre que quelque chose sorte des négociations, certains se plaisent à vouloir brasser un peu et se font remettre à leur place», a indiqué en entrevue le président du Syndicat des pompiers de Boisbriand, Marco Lemire.

Lors de la dernière séance du conseil municipal, mardi soir, des mesures disciplinaires ont été adoptées à l’endroit de trois pompiers pour des raisons qu’il a été impossible d’obtenir. Parmi eux, un a fait l’objet d’un congédiement, un deuxième depuis le mois de décembre. 

Ce ne sont pas les premières mesures prises contre des employés de la sécurité incendie depuis la dernière année. En effet, entre janvier 2014 et février 2015, neuf autres sanctions ont visé des effectifs du service. 

Le président du syndicat explique la multiplication de celles-ci par une vigilance plus accrue faite envers les quelque 40 pompiers à temps partiel qu’il représente. 

«Je ne peux pas dire qu’on est nécessairement trop sévère. Ils ne font qu’appliquer la convention collective. Mais si on recule de deux ou trois ans en arrière, ils étaient beaucoup plus tolérants. Les gars se sentent surveillés et la vie à l’intérieur du garage a déjà été beaucoup mieux», indique M. Lemire précisant que la majorité des pompiers sanctionnés depuis un an étaient contre la nouvelle structure souhaitée. 

Encadrement

Pour sa part, le directeur du Service de sécurité incendie à la Ville de Boisbriand, Claude Prévost, parle plutôt d’un travail d’encadrement et de suivi fait sur le terrain. Selon lui, les mesures prises ces derniers mois sont strictement relatives au comportement des individus.

«On ne crée pas le disciplinaire, on l’encadre [...] Par exemple, si un individu ne se présente pas à une formation, par intégrité et respect de l’ensemble de nos membres, on ne peut pas se permettre de laisser ça sans conséquence», indique-t-il.

Ce dernier est toutefois conscient que le vent de changement qui souffle sur la caserne ne fait pas que des heureux. 

«Le côté disciplinaire de n’importe quel service dans une ville est relatif à ce qu’on appelle le changement. Aux incendies, on connaît actuellement une grande évolution. Nous avons le schéma de couverture de risque qui est en train de s’implanter. On est en train de négocier pour aller vers du pompier permanent. Évidemment, ça change la culture. Cela peut amener une certaine insécurité chez nos membres par rapport à leur avenir», indique M. Prévost.

Pas de mise à pied à prévoir

Cependant, M. Prévost et la mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato, ont confirmé qu’aucune mise à pied n’était prévue dans la réorganisation. 

«Nous allons également avoir besoin d’employés à temps partiel. Il n’y aura pas nécessairement de perte d’emploi», souligne la mairesse.

Le service a comme objectif d’être à temps plein dès 2016. 

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