Frein au nouveau quartier résidentiel sur le terrain du Golf Glendale
La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) dit non à la construction de 1500 nouvelles résidences sur une partie du club de Golf Glendale à Mirabel.
Dans une décision rendue le 17 mars dernier, dont L’Écho de la Rive-Nord a obtenu copie, la CPTAQ s’oppose à l’exclusion de la zone agricole d’une superficie de 57,63 hectares destinée à du développement résidentiel.
Si le projet avait été accepté, un des deux parcours du club (L’ancestral) aurait pu être utilisé à d’autres fins que celles d’un golf ou de l’agriculture. La demande visait à permettre la construction d’un quartier qui aurait pu accueillir près de 4000 nouveaux résidents.
La CPTAQ a rejeté les arguments des demandeurs, estimant que la création de ce secteur résidentiel sur le rang Sainte-Henriette susciterait la contestation en regard des pratiques agricoles.
«L’expérience démontre que la multiplication des usages autres qu’agricoles limite la pratique des activités agricoles et restreint encore davantage le développement de l’agriculture, notamment lorsque ces nouvelles activités non agricoles suscitent une augmentation et une assiduité de l’achalandage», est-il écrit.
Par ailleurs, les demandeurs dans le dossier avaient avancé que la conversion du terrain de golf en terres agricoles occasionnerait des coûts exorbitants qu’aucun agriculteur ne serait prêt à payer. Or, l’estimation des coûts déposée constitue une preuve «plutôt limitée», selon la CPTAQ.
Qui plus est, la commission estime que l’octroi du feu vert pourrait provoquer un effet d’entraînement bien réel. «Faire droit à la présente demande pourrait générer des attentes quant à la création d’emplacements similaires non seulement dans le secteur immédiat, ce qui n’est pas souhaitable, mais également dans des milieux comparables».
De surcroît, l’organisme considère inappropriée la demande par le fait qu’il existe des espaces appropriés disponibles pour le développement résidentiel ailleurs sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.
Une décision non justifiée
Joint par téléphone, le propriétaire du club de golf Glendale, Bernard St-Germain, trouve la décision injustifiée. Selon lui, la CPTAQ aurait dû tenir compte de l’aspect économique.
«Dans la région, il y a beaucoup trop de terrains de golf. Il faut absolument que quelques-uns disparaissent. Il n’y a plus d’avenir dans ce domaine», a-t-il indiqué.
Lors de la rencontre publique tenue devant les commissaires, l’automne dernier, M. St-Germain avait avancé que les difficultés financières que vit l’industrie du golf pourraient l’amener à cesser ses opérations et laisser le site visé en friche.
Questionné à savoir si cela pouvait être une possibilité envisagée à court terme, Bernard St-Germain a affirmé que «seul l’avenir le dira».
De plus, en s’opposant, la CPTAQ freine le développement économique de Mirabel, ajoute M. St-Germain.
«Allons-nous fermer tout développement à Mirabel? Allons-nous dire aux jeunes familles d’aller se bâtir à Saint-Jérôme?», déplore-t-il.
Et contrairement à ce que plaide l’Union des producteurs agricoles (UPA), la transformation d’un 18 trous en zone résidentielle ne serait pas une nuisance à l’agriculture, considère celui qui est également propriétaire du club de golf UFO à Laval.
«On n’enlèvera pas de l’agriculture, ce terrain n’a jamais été en agriculture», s’exclame-t-il.
«Cessons de saccager les terres»
L’opinion de M. St-Germain n’est pas partagée par le président du syndicat local de l’UPA, Marcel Denis. Ce dernier estime que l’argument économique de l’homme d’affaires ne tient pas la route.
«Allons-nous permettre à toutes les entreprises situées en zone agricole de développer sous prétexte qu’elles ont des difficultés financières? Ça n’a pas de sens. On ne peut pas saccager les terres en se basant sur le seul point de vue économique».
Ce dernier est convaincu que l’ajout de 1500 résidences créerait des conditions néfastes à l’agriculture.
«Nous sommes dans un territoire agricole. Pourquoi on ne les protège pas nos terres? Quel héritage voulons-nous laisser dans 50 ans? Attendons-nous qu’il n’y ait que des produits de l’extérieur dans nos assiettes?».
Bernard St-Germain a mentionné qu’il allait appeler de la décision de la CPTAQ devant le Tribunal administratif du Québec. Notons que ce dernier avait reçu l’appui de la Ville de Mirabel dans ses démarches.
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