Le syndicat des professeurs appelé à mieux encadrer ses manifestations
La visite impromptue de centaines de professeurs lors du conseil des commissaires mardi soir a suscité des réactions tant à la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles qu’à la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville.
Réunis à l’église Sainte-Thérèse-d’Avila pour leur assemblée générale, plusieurs professeurs membres du Syndicat de l’enseignement des Basses-Laurentides (SEBL) ont décidé en fin de soirée de franchir la courte distance les séparant du Centre multiservice, où se déroulait la rencontre mensuelle des commissaires.
Munis de pancartes et scandant les slogans, les manifestants ont bruyamment fait sentir leur présence. Des dizaines de professeurs sont entrés dans la salle du conseil, interrompant du même coup la séance.
En guise de contestation, des dizaines, voir des centaines d’autocollants ont été apposés sur les murs du centre de Sainte-Thérèse.
«Il y avait un malaise. Ce n’était pas une situation confortable, indique Anik Gagnon, directrice adjointe au service des affaires corporatives à la CSSMI. Le bruit était important. Les gens criaient, les gens frappaient par terre et sur les murs. Est-ce que cela a pu faire en sorte que des gens se sont sentis mal à l’aise ou intimidés? Certainement», ajoute-t-elle.
Répétant ne pas vouloir «personnaliser» le conflit entre les professeurs et la commission scolaire, Mme Gagnon a ajouté que la CSSMI favorisait un climat de respect dans cette période de turbulences.
«On ne peut pas encourager une telle façon de faire. Il y aura des interventions auprès des dirigeants syndicaux au cours des prochains jours. Pour nous, le respect va des deux côtés».
«Manifester dans les règles de l’art»
Du côté des policiers, on déplore ne pas avoir été avertis de la tenue du rassemblement.
«Nous croyons que les manifestations sont d’ordre légal, mais elles doivent être faites dans les règles de l’art. Nous aimons être avisés et connaître les responsables d’une manifestation. Là, c’était la confusion totale», mentionne le sergent Martin Charron.
Selon les chiffres fournis par la RITB, quelque 200 manifestants se trouvaient aux abords de la salle des commissaires. Du côté du SEBL, on estime plutôt qu’ils étaient entre 400 et 500.
«Dans la Charte, on a le droit de faire du bruit»
Présent lors de la manifestation, le vice-président du SEBL, Pascal Morand, s’est porté à la défense de ses collègues enseignants. Selon lui, aucun acte disgracieux ni d’intimidation n’ont été commis lors de ce rassemblement.
«On n’a pas bloqué ni perturbé Sainte-Thérèse comme on peut le voir dans d'autres villes. On a fait du bruit, et dans la Charte, on a le droit de faire du bruit».
Ce dernier a ajouté que le syndicat ne tolérerait aucune forme d’intimidation lors des différentes actions de mobilisation.
Il a souligné que les seuls actes d’intimidation géres par le syndicat au cours des dernières semaines étaient ceux commis par les directions d’école à l’endroit des enseignants.
Pascal Morand a terminé en mentionnant que le SEBL allait dorénavant avertir les forces policières de toute manifestation, précisant que celle d’hier avait été décidée à la dernière minute.
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