Guerre ouverte entre photographes et ornithologues
Les associations demandent aux photographes de ne pas appâter les harfangs des neiges.
Les harfangs des neiges sont très nombreux cette année et l’occasion est tentante, pour les photographes, de les appâter. Mais les spécialistes sont catégoriques : nourrir ces rapaces est dangereux.
Noémie Roy est éducatrice pour l’Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie (UQROP). Elle explique pourquoi ce comportement n’est pas éthique.
«Plus les oiseaux sont nourris par l’homme, plus on en voit à la clinique car ils se rapprochent, entrent dans les maisons ou se font frapper par des voitures», dit-elle.
Cette année beaucoup d’entre eux se sont installés à Mirabel, autour de l’aéroport. Mme Roy explique qu’une vingtaine d’oiseaux ont été amenés à la clinique, ce qui est un chiffre record. Les raisons sont variées : accident de voiture, frappé par un avion ou coincé dans la glace.
L’utilisation des appâts en question
Certains photographes apportent des appâts vivants pour attirer les oiseaux. Le risque, selon Mme Roy, est que les oiseaux s’habituent à être près des humains et qu’ils deviennent agressifs. Elle explique que ces oiseaux sont solitaires et doivent le rester.
«Il ne faut pas qu’ils changent leur comportement dans la nature», dit-elle.
Réjean Duval est vice-président et secrétaire du Club d’Ornithologie de Mirabel. Il explique que de plus en plus de safaris photo sont organisés pour les touristes. Les gens payent pour prendre des harfangs des neiges en photo donc les organisateurs n’hésitent pas à les appâter.
De plus, les groupes de touristes ou de photographes, dit-il, arrivent à plusieurs voitures ce qui fait du bruit et empêche les harfangs d’entendre les rongeurs sous la neige.
«On ne comprend pas ce comportement parce que, maintenant, les gens ont des lentilles très puissantes et ils ne sont donc pas obligés de s’approcher autant», dit M. Duval.
Une saison exceptionnelle
Il y a beaucoup de harfangs des neiges cette année. Pour Mme Roy, un tel évènement se produit tous les 10 ans. «Ça dépend de ce qu’ils ont mangé pendant l’été et du nombre de jeunes qui ont survécu.»
Les harfangs viennent de la toundra arctique dans le nord du Québec. Comme ces oiseaux sont très territoriaux, plus ils sont nombreux plus leur territoire est grand. «Cette année, on en trouve jusqu’en Floride», dit-elle.
Ne pas approcher un oiseau blessé
Mme Roy déconseille aux particuliers de s’approcher d’un harfang des neiges blessé car il peut donner des coups de bec.
Il faut appeler les agents de protection de la faune qui sont formés en premiers soins d’oiseaux de proie et équipés en matériel de transport.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le Bureau de la concurrence enquête sur les politiques de prix annoncé minimal
Le Bureau de la concurrence ouvre une enquête sur l’utilisation des politiques de prix annoncé minimal dans le secteur de l’épicerie. L’autorité de régulation estime que ces politiques peuvent empêcher les détaillants de faire la promotion de leurs prix les plus bas, ce qui risque de priver les consommateurs d'aubaines et de restreindre ...
LIRE LA SUITE
Les boissons chaudes augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage
La consommation régulière de boissons extrêmement chaudes, comme du thé ou du café, pourrait tripler le risque de cancer de l'œsophage, prévient une nouvelle étude britannique. Le risque concerne plus spécifiquement la forme la plus courante de cancer de l'œsophage, le carcinome épidermoïde de l'œsophage. «Des études asiatiques ont ...
LIRE LA SUITE
72 % des Québécois appuient une loi sur la qualité de l'air
Une majorité de Québécois se disent préoccupés par la qualité de l’air et appuient l’adoption d’une loi qui établirait une stratégie québécoise sur la qualité de l’air, selon un sondage d'opinion mené par la firme Léger pour le compte de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME). Le coup de sonde ...
LIRE LA SUITE