L’Écho patrouille avec la RIPTB
« Un bon patrouilleur est celui qui va anticiper, qui connaît son milieu, les adresses problématiques, les parcs, etc. Il doit connaître le pouls des différents secteurs. Un bon patrouilleur n’est pas passif ».
C’est sur ces paroles du sergent Charron qu’a débuté la soirée. Il était 20h et nous venions à peine de quitter le poste de Rosemère.
Patrouiller stratégiquement. Voilà le type de patrouille que semble prioriser la RIPTB. « Il faut que les agents voient venir les problèmes auxquels nous pourrions être confrontés. Pour ce faire, le patrouilleur doit débuter son quart de travail par une bonne préparation physique et psychologique », ajoute le sergent qui compte plus de 20 ans d’expérience au sein du corps policier municipal.
Divisé en secteurs distincts, le territoire de la RIPTB est desservi par un total de 46 agents patrouilleurs et 11 sergents.
Le temps joue contre nous
20h55 : La voix de la préposée aux télécommunications émane de l’émetteur-récepteur. Un individu est en crise de panique au Tim Hortons de la montée Sanche, à Rosemère.
Moins de quatre minutes plus tard, nous y sommes. Deux agents patrouilleurs sont déjà à l’intérieur du restaurant, en contrôle de la situation.
«Évidemment, en fonction de la gravité de l’appel, le temps d’intervention est super important. Le temps joue toujours contre nous. Normalement, lors d’appels urgents, notre temps d’intervention est dans la minute qui suit », a mentionné M. Charron.
21h : Place Rosemère : les employés des différentes boutiques sont nombreux à quitter les lieux.
« C’est important d’être visible où ça bouge. Il faut être proactif », de dire le porte-parole de la RIPTB.
Un gardien de sécurité du centre commercial s’affaire à barrer les portes. C’est Francis Levasseur, un finissant du Collège Ahuntsic en technique policière. Il a 20 ans et rêve d’être assis un jour dans une voiture de la RIPTB. C’est le côté non routinier du travail du policier qui le séduit.
Avant de nous voir quitter les lieux, le jeune homme prend le temps de vanter au sergent Charron la diminution importante des vols de voiture dans le stationnement, déclin qu’il incombe au partenariat établi avec la régie.
Poser les bonnes questions
21h45 : Nous pénétrons dans l’antre du système nerveux central de la RIPTB, là où calme et écoute sont de mises. Assis devant les nombreux écrans, Mathieu, Josée et Josée jonglent avec les appels 9-1-1 entrants et les demandes d’informations des patrouilleurs présents sur le terrain. En 2012, plus de 110 000 appels ont été acheminés à la centrale.
Ces trois préposés aux télécommunications sont devenus maîtres dans l’art de poser les bonnes questions. « Nous devenons habituer de poser les mêmes questions, mais quand tu en manques une, tu ne l’oublies pas », a indiqué Josée.
De retour dans la voiture, nous nous dirigeons vers le théâtre de la vie nocturne de la Rive-Nord, le Faubourg Boisbriand. Aussitôt arrivé, un message de la répartitrice laisse entendre que des jeunes sèment la pagaille à quelques rues, près du Croissant Châtelois.
Gyrophares allumés, nous mettons près d’une minute à y aller. Un patrouilleur est déjà chez le plaignant, un autre s’occupe de ratisser le secteur. Les jeunes ont quant à eux pris la fuite.
Fin de soirée
23h: Le briefing des patrouilleurs qui travailleront cette nuit est sur le point de débuter. Une dizaine d’agents s’entassent dans une petite pièce du sous-sol du quartier général, sur la rue Ducharme à Sainte-Thérèse.
La moyenne d’âge des agents ne doit pas être plus élevée que 30 ans. Les blagues abondent. L’ambiance est bon enfant.
Un agent interpelle ses collègues avec une histoire de vols d’automobiles. Il les met à l’affût des derniers rebondissements et leur demande de porter attention à une adresse où pourrait loger un des suspects.
Le superviseur des opérations, Sébastien Charrette, prend la parole. Il démêle les histoires récentes, fait jouer la vidéo du présumé suspect de l’incendie survenue chez Transport Jaguar à Boisbriand. Il demande aux patrouilleurs d’être attentif aux salons de coiffure et d’esthétisme qui font l’objet ces temps-ci d’introduction par effraction.
23h30 : Les équipes de patrouilleurs s’apprêtent à prendre la route. Jusqu’à maintenant, la soirée, pour un jeudi soir, a été relativement calme.
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