L’ACEF peine à mener ses batailles
À titre d’intervenante à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) des Basses-Laurentides, Jacinthe Nantel, voit passer sous son nez de nombreuses situations qui mériteraient d’être dénoncées, mais qui sombrent plutôt dans l’oubli faute de moyens financiers.
L’ACEF fait d’ailleurs partie d’un regroupement d’organismes en défense collective des droits qui mène présentement une campagne pour demander au gouvernement un rehaussement de leur financement.
« On a une bonne loi sur la protection des consommateurs, a indiqué Jacinthe Nantel. Mais on a plus ou moins de dents ». Au cours des 10 dernières années, elle affirme avoir assisté à un constant appauvrissement de ces organismes.
« Nous sommes les parents pauvres. En 2011-2012, le soutien financier gouvernemental en appui à la mission des organismes d’action communautaire était en moyenne de 122 046$, alors que pour les seuls organismes en défense collective des droits, il n’était que de 54 081$, moins de la moitié. »
La recherche de soutien financier est d’autant plus difficile car l’ACEF ne peut se tourner vers le privé par risque de conflits d’intérêt et parce que sa mission « ne fait pas pleurer les gens », a imagé Jacinthe Nantel.
Et pourtant, à travers les actions quotidiennes d’éducation populaire, de mobilisation, de représentation et d’action politique non partisane, c’est chaque citoyen qui bénéficie du travail de l’organisme, fait remarquer l’intervenante.
Choisir ses combats
Les impacts du sous-financement se font sentir de façon concrète dans les bureaux de Sainte-Thérèse. La diminution du temps de travail laisse moins de temps aux intervenantes pour plancher sur les différents dossiers qui leur sont soumis, comme dans le cas des compteurs intelligents, par exemple.
« Il y aurait certainement quelque chose à faire, mais nous n’avons pas le temps. Je vois aussi de nombreuses pratiques de commerces illégales dont je ne peux pas m’occuper. Mais si on veut maintenir le cap de notre mission, il faut accepter que ça aille moins bien dans certaines sphères », a-t-elle laissé tomber.
La campagne menée par les différents organismes culminera par un grand rassemblement à Québec, le 13 novembre prochain. Entre-temps, les gens peuvent les appuyer en envoyant une carte postale au ministre des Finances, Nicolas Marceau, via le site Internet de l’ACEF des Basses-Laurentides.
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