Ils entendent se battre jusqu’au bout
Mathieu, André et Stéphane Lapointe ont signalé leur intention de ne pas lâcher le morceau.
Des agriculteurs de Saint-Janvier dénoncent vivement le projet d’implantation de la gare à l’ouest de la voie ferrée. Selon eux, la venue d’une gare sur la rue Victor provoquera des dommages collatéraux importants au milieu agricole.
Propriétaire d’une partie des terres préconisées par la Ville pour installer le stationnement de la future gare, André Lapointe se dit inquiet des effets qu’engendrerait celle-ci. La crainte du producteur laitier s’est accentuée récemment puisque le conseil municipal de Mirabel a voté à l’unanimité une résolution d’acquisition de gré à gré ou par voie expropriation de 1,96 hectare de ses terres.
« Les répercussions m’inquiètent plus que les 2 hectares de terre que l’on va m’arracher. En installant une gare à cet endroit, j’ai peur qu’à court ou moyen terme, on vienne à vouloir augmenter la zone urbaine, et ce, aux dépens des agriculteurs », a indiqué M. Lapointe.
Dans le même ordre d’idées, Stéphane Lapointe, producteur de volailles situé à l’est de la ligne de chemin de fer, considère qu’une future gare pourrait lui occasionner des contraintes importantes.
« J’étends du fumier juste à côté de la voie ferrée. Croyez-vous vraiment que l’on va me laisser faire la même chose une fois que des centaines de passagers y débarqueront tous les jours », a-t-il indiqué.
Accès routier
André Lapointe croit également que la rue Victor ne soit pas adaptée pour recevoir autant de véhicules. Ce dernier craint que la prochaine étape envisagée par la Ville soit le prolongement vers l’est de la rue Val d’Espoir, qui viendrait ainsi morceler une autre partie de ses terres. Selon lui, le site qu’aurait dû privilégier la Ville est celui de la rue Charles, situé en zone blanche.
Le syndicat de base de l’Union des producteurs agricoles, section Sainte-Scholastique-Mirabel, soutient par ailleurs cette idée. Marcel Denis, le président, considère que l’emplacement de la rue Charles est depuis le départ, en 2005, le scénario idéal. M. Denis déplore d’autant plus que les terres que la Ville veut acquérir soient parmi les meilleures terres arables du Québec.
Au total, c’est 3,1 hectares de terres agricoles que la Ville veut obtenir.
« Il n’y a pas lieu de s’inquiéter »
Selon le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, l’avenir du milieu agricole dans le secteur où il veut implanter sa gare est entre les mains des propriétaires.
Selon lui, l’idée que la zone urbaine vienne s’étendre avec le temps sur la zone rurale dépend uniquement des propriétaires des terres. « Ça dépend des cultivateurs. S’ils veulent garder le reste de leurs terres, ils ont juste à ne pas les vendre », a-t-il noté, précisant également que la Commission de protection du territoire agricole du Québec avait de toute façon un pouvoir décisionnel important sur cette question.
De plus, le premier magistrat ne semble pas croire aux nouvelles contraintes qui pourraient surgir une fois la gare mise en place. Il évoque l’exemple du secteur de Saint-Augustin, où producteurs agricoles et secteur résidentiel, se côtoient sans réel problème.
Déplorant les tergiversations autour de ce dossier, M. Meilleur a la certitude que le site de la rue Victor est la meilleure avenue possible. Selon lui, des études auraient démontré que la rue Victor serait en mesure de supporter le trafic qu’occasionnerait la gare et ce, plus que la rue Charles. Par ailleurs, trop étroit, l’espace disponible sur la rue Charles nécessiterait la construction d’embarcations en porte-à-faux, ce qui augmenterait considérablement les coûts.
AMT
Via courriel, l’Agence métropolitaine de transport a quant à elle noté qu’elle avait fait une demande à la CPTAQ et avait obtenu en octobre la confirmation de la conformité de l’application de l’article 105 de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA). De plus, le site de la gare fait partie des sites visés par des projets TOD dans le Plan d’aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). L’AMT poursuit donc le développement de son projet.
Durant la dernière séance de conseil, M. Meilleur a affirmé que, dans le meilleur des scénarios, les travaux entourant la construction de la gare s'amorceraient cet automne.
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