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Le préfet souhaite que Québec «vérifie» les villes à chaque mandat

 

Toutes les villes du Québec devraient faire l’objet d’une vérification systématique

du ministère des Affaires municipales et de l’occupation du territoire (MAMROT) aux quatre ans.

 C’est là l’avis du maire de Bois-des-Filion, Paul Larocque, qui estime que cette façon de faire permettrait de clarifier les bonnes pratiques de gestion dans le milieu municipal. «À 1116 villes au Québec, ça ferait un peu plus de 250 villes à vérifier chaque année. C’est possible », a-t-il dit.

 « Actuellement, le MAMROT ne joue plus son rôle, a-t-il poursuivi. Il y a 25 ans, c’était un organisme d’accompagnement pour les villes. Aujourd’hui, c’est une organisation qui émet des constats d’infractions. »

 Une des raisons, selon lui, de ce changement de culture au MAMROT, est le fait que les lois à gérer et à imposer aux municipalités du Québec ont explosé depuis deux décennies.

 « Il y a une quarantaine de lois qui régissent les villes. Et lorsque l’on appelle le MAMROT pour obtenir un avis, on nous dit d’appeler un avocat, a dénoncé le maire. Nous en sommes rendus à demander des avis juridiques à tour de bras ! »

Selon le préfet de la MRC Thérèse-De Blainville, le MAMROT doit aussi redonner des pouvoirs à la Commission municipale du Québec, un tribunal administratif qu’il estime sous-utilisé. «Quand est ce la dernière fois que vous avez entendu quelqu’un

être condamné par ce tribunal ? », a-t-il demandé.

 

Traitement des plaintes

 Le maire Larocque croit aussi que le système de traitement des plaintes de citoyens au MAMROT devrait aussi être revu.

 « Je milite pour un traitement rapide des plaintes. Actuellement, on laisse planer le doute trop longtemps. Certains dossier peuvent mettre jusqu’à un an et demi avant d’être traités », a-t-il dit.

 « On devrait pouvoir faire la lumière en 30 jours. Dans ce délai, on devrait être en mesure d’analyser la preuve, de suspendre un employé ou un élu si

nécessaire et on éviterait de salir une personne indûment », a-t-il rappelé.

 

 «À l’ordre des ingénieurs de faire son ménage »

 

J.-F.C. Le préfet de la MRC Thérèse-De Blainville, Paul Larocque, n’en démord pas : les villes doivent pouvoir se fier à l’expertise des firmes d’ingénierie privées. Même si celles-ci ont fait l’objet d’allégations de toutes sortes, notamment d’avoir travaillé de concert avec des entrepreneurs en construction

pour faire gonfler des factures d’infrastructures publiques, M. Larocque ne croit pas que les municipalités doivent cesser ou restreindre les recours à leurs services.

«Les ingénieurs font le travail pour lequel on les paye, a-t-il argué. Ce sont des experts dans leur domaine. Et la très vaste majorité de ces gens font

leur travail correctement. »

 « À la Ville de Bois-des-Filion, nous avons un seul ingénieur à notre emploi et il est

spécialisé dans les infrastructures, a-t-il poursuivi. Je ne vois pas la nécessité d’en embaucher davantage pour contre-vérifier le travail des firmes. »

 Toujours selon le maire Larocque, c’est davantage à l’Ordre des ingénieurs du Québec de «faire le ménage» dans les pratiques d’affaires de ses membres.

« Le problème, c’est le cartel. Ce n’est pas aux villes à faire le ménage dans leurs pratiques. C’est à l’Ordre des ingénieurs de le faire », a-t-il dit.

 Selon lui, la loi sur le financement des partis politiques est hypocrite.

« Le gouvernement a voulu faire des grandes municipalités et la loi sur le financement n’a pas suivi. Ça peut coûter jusqu’à 300 000 $ pour faire

une élection dans des villes de grande ampleur. Certains peuvent trouver intéressant que l’argent leur tombe du ciel. Ça ouvre malheureusement la voie à du financement discutable. La loi favorise surtout les petites villes », a-t-il dit

 La loi stipule que le montant annuel maximum auquel une personne peut contribuer est de 1000$, rappelle-t-il.

 À Bois-des-Filion, une petite municipalité de 9485 habitants, le financement du parti de Paul Larocque est donc bien simple. Chaque élu de son équipe verse une contribution chaque année, et c’est ce qui bâti le buttin de guerre de l’élection suivante.

 Aucun citoyen ou membre du parti n’a donc à être sollicité.

 « La seule chose, c’est que nous avons besoin de 25 membres pour former un parti. Je dois donc demandé à des citoyens d’en faire partie », a-t-il expliqué en dénonçant la situation.

 Les cocktails

 Le préfet de la MRC Thérèse-De Blainville croit aussi que la participation desmaires aux cocktails de financement des partis politiques est mal interprétée.

« On nous blâme car nous participons à des cocktails en présence de ministres. Pourtant, c’est là la seule occasion de leur parler directement. C’est notre job de saisir les occasions de les rencontrer pour leur faire part de nos dossiers », a-t-il exprimé.

 « Ma suggestion pour éviter toute mauvaise interprétation est de simplifier les rendez-vous directs avec eux, et non pas de devoir le faire dans des soirées de financement à 100 $ », a dit le maire Larocque.

 Commission Charbonneau

 Les allégations lancées à la commission Charbonneau préoccupent aussi beaucoup l’élu municipal.

 « Ce qui est rapporté n’est pas à prendre avec un grain de sel, loin de là. On entend des choses depuis des années, mais là c’est encore plus délicat et je ne

suis plus sûr de rien. Je suis malheureux parce que les élus ne méritent pas de se faire ternir leur réputation ainsi », a-t-il émis.

 M. Larocquene veut toutefois pas porter de jugement sur personne (élus, fonctionnaires, firmes, etc.) et commenter ce que l’ex-entrepreneur Lino

Zambito a affirmé sur Laval, Boisbriand et Blainville. « La Commission est loin d’être terminée.

 Je crois encore en la présomption d’innocence », a t-il affirmé.

 Le silence règne

 Même s’il y a des allégations de collusions qui circulent sur la couronne Nord et plus précisément dans certaines villes des Basses-Laurentides, il semble que le sujet reste tabou entre élus municipaux.

«On en discute à peu près pas entre élus. On est tous très occupés de toute façon », a-t-il ajouté.

 

 

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