Les propriétaires des grands terrains n'ont plus de patience
Un peu plus de 9 mois après le référendum au cours duquel les citoyens de Lorraine ont voté en faveur de l’acquisition de la partie résidentielle de la forêt du Grand Coteau, les négociations entre les propriétaires immobiliers et la Ville de Lorraine sont toujours au point mort.
Au lendemain du référendum tenu le 4 décembre dernier, la Ville de Lorraine avait deux options quant aux procédures menant à la prise de possession des quelque 40 099 mètres carrés du boisé: soit par une acquisition de gré à gré, soit par expropriation. Or, 9 mois plus tard, le téléphone de la famille Mathon, un des propriétaires immobiliers, n’a toujours pas encore sonné.
« Aucun avis d’expropriation ne nous a été soumis. Depuis décembre, aucune offre ne nous a été faite. Aucune démarche ne se fait. On laisse trainer ça », a signalé Mario Ferron, responsable du dossier pour la famille Mathon.
Choqué de l’inaction complète de l’administration municipale, Mario Ferron est allé installer une barrière en plastique bloquant un des accès principaux aux sentiers de la forêt. Cette barrière a toutefois été rapidement défoncée.
M. Ferron a poursuivi en évoquant que les citoyens qui profitaient des sentiers de la partie zonée résidentielle en étaient venus à croire que celle-ci leur était acquise.
« Notre but n’est pas de causer du tort aux citoyens. On veut leur faire réaliser que leurs élus ne s’occupent pas du dossier. Plusieurs personnes croient que c’est réglé depuis le référendum », a ajouté M. Ferron tout en soulignant sa volonté d’ériger bientôt une barrière plus robuste.
Une taxe
Le 4 décembre dernier, les citoyens de Lorraine ont dit oui à l’imposition d’une taxe spéciale d’un montant de 68 dollars ou moins par habitation, pendant 25 ans, pour acquérir et ainsi préserver les terrains. La Ville dispose donc d’une cagnotte pour racheter la partie soumise à la consultation populaire.
La section de la forêt dont il est question est située derrière la Place de Fey, à l’est du Quartier Fontainebleau, et au sud du rang Saint-François.
Y a-t-il des négociations en cours?
Pour le maire de Lorraine, Ramez Ayoub, les discussions sont actuellement en cours. Pour les propriétaires, elles sont au point mort.
Joint au téléphone, le maire de la Ville de Lorraine a tout d’abord signalé que son administration municipale avait l’intention d’acquérir les terrains de gré à gré, c’est-à-dire à l’aide de négociations. « C’est l’option que nous avons choisie. Si ça ne fonctionne pas, on ira avec une demande d’expropriation », a-t-il indiqué.
M. Ayoub a poursuivi en évoquant que la lenteur des procédures menant à l’acquisition des terrains ne signifiait pas l’inexistence de celles-ci. « Oui, c’est plus long que prévu. Mais il est important que toutes les parties impliquées soient contentes des résultats », a-t-il ajouté.
Lorsqu’il est question des barrières en plastique érigées par un des propriétaires, M. Ayoub rétorque que ce dernier peut faire ce qu’il veut puisqu’il est encore propriétaire des terrains.
Réactions des propriétaires
Mario Ferron, représentant de la famille Mathon, est quant à lui clair et précis. « On n’a absolument rien reçu de la part de la Ville », a-t-il soulevé.
Les Entreprises Roger Pilon, autre promoteur immobilier détenant des droits sur la partie résidentielle de la forêt, ont été peu bavardes lors de l’appel du Journal. Un représentant de l’entreprise a toutefois confirmé que la Ville de Lorraine ne leur avait toujours pas soumis d’offre d’achat et que cette affaire s’en allait de toute façon devant les tribunaux.
Quant à François Pichette, autre propriétaire d’une partie des terrains, l’offre que lui avait faite la Ville il y a un peu plus de trois mois était selon lui inacceptable et pas sérieuse. Le téléphone n’a plus sonné depuis ce temps-là.
Enviro Mille-Îles
Martin Drapeau, porte-parole d’Enviro-Mille-Îles, organisme environnemental qui suit de près le dossier de la forêt du Grand Coteau, n’est pas surpris de savoir que l’histoire n’est pas réglée.
« Ça fait plus de 10 ans que l’affaire dure. Ce n’est pas quelques mois de plus qui vont changer quelque chose », a-t-il signalé.
Ce dernier a poursuivi en ajoutant que le référendum du 4 décembre avait selon lui mis fin au dossier et que les négociations entourant la prise de possession des terrains concerneraient seulement l’administration municipale et les propriétaires immobiliers.
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