L'hôpital de Saint-Eustache nage en plein mystère
Crédit: Josiane Yelle
Même si deux patients de l'hôpital de Saint-Eustache ont passé bien près de perdre la vie après avoir reçu un médicament contre-indiqué avant des opérations, personne ne sera blâmé pour l'erreur.
Tandis que l'enquête de la Sûreté du Québec n'est arrivée à aucune conclusion, l'enquête interne de l'hôpital, quant à elle, n'a décelé aucune erreur humaine lors des opérations en question. Aucun membre du personnel n'a été suspendu. «Malheureusement, on n'a aucune idée de ce qui a pu se passer», se désole le directeur général de l'hôpital de Saint-Eustache, Roch Martel.
Un réveil inquiétant
Le 6 février 2009, Lise St-Onge se trouve à l'établissement de santé pour y subir une intervention chirurgicale aux intestins. L'opération dure huit heures plutôt que les deux à quatre heures prévues en raison de saignements abondants et imprévus.
«Je me suis réveillée le lendemain matin, j'étais intubée aux soins intensifs», se souvient-elle. Elle apprend rapidement qu'elle a reçu des doses importantes d'héparine, un anticoagulant qui ne doit pas être administré dans pareille situation et qui peut provoquer des hémorragies. «Étant donné que je ne sais pas comment c'est arrivé, pourquoi c'est arrivé, j'ai peur», ajoute-t-elle.
La veille, un autre patient a également vécu la même situation. Heureusement, aucun des deux n'a subi des séquelles de cette erreur médicale.
«Les personnes qui ont besoin d'éclaircir le sang prennent ça, mais ce n'est pas utilisé dans les protocoles opératoires», explique Roch Martel qui ignore toujours dans quelles circonstances les deux patients se sont fait administrer de l'héparine.
Nouvelles mesures
Grâce à la Loi d'accès à l'information, TVA Nouvelles a pu apprendre les mesures qui ont été prises afin d'éviter qu'une telle erreur ne se reproduise. Les fioles d'héparine ont été remplacées par des seringues, de façon à éviter les trop fortes doses, et ont été placées sous clé. De plus, l'accès au bloc opératoire et à la salle de réveil a été limité au personnel autorisé seulement. «On n'a absolument aucun autre événement de cette nature-là qui s'est produit chez nous», rassure Roch Martel.
Mais ces mesures ne satisfont pas Lise St-Onge. «Ça prend des réponses, tranche-t-elle. Moi, je veux des réponses.»
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