Jour 33: une dernière semaine de campagne pour séduire les Québécois
Les cinq chefs de parti entament la dernière ligne droite de la campagne électorale au Québec. Il ne leur reste qu'une semaine pour séduire les Québécois avant le jour du scrutin.
Au 33e jour de la course, trois sondages distincts avec quelques résultats différents, publiés dimanche soir et lundi, ont confirmé certaines tendances. Le Parti québécois (PQ) demeure le favori et la Coalition avenir Québec (CAQ) est en difficulté.
Encouragé par ces récents sondages, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon entend mettre la «pédale au plancher» au cours des prochains jours.
Il veut recueillir davantage que les 30 % qu'on lui crédite actuellement: «on a besoin de cet appui-là pour avoir le plus de légitimité», a-t-il soutenu.
Chez la cheffe caquiste, Christine Fréchette, on tente de garder la tête froide face aux coups de sonde, dont celui de Léger-Le Journal/TVA, qui place la CAQ au quatrième rang derrière les péquistes, les libéraux et les conservateurs d’Éric Duhaime avec 16 % des intentions de vote.
«Elle n'est pas finie, la campagne. On n'est pas à l'heure des bilans. Une semaine en politique, c'est long», a dit Mme Fréchette.
La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a abondé dans le même sens face aux chiffres pour sa formation.
Selon le sondage Synopsis-La Presse de dimanche, QS obtiendrait 13 % des appuis de la population alors que le sondage de Léger-Le Journal/TVA montre que le parti de gauche a la faveur de seulement 9 % des Québécois, ou de 10 % d'après l'enquête de Pallas Data.
Questionnée à savoir si une diminution du nombre de députés solidaires à l’Assemblée nationale — il y en avait 11 à la dissolution du Parlement — aurait une incidence sur son leadership politique, Mme Ghazal a répondu qu’il reste une semaine à la campagne et qu’elle demeure concentrée sur le travail sur le terrain.
Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, s'est quant à lui réjoui de voir son parti obtenir 18 % des intentions de vote dans le sondage Léger.
Il espère maintenant que ces statistiques se reflètent dans les boîtes de scrutin lundi prochain.
De son côté, le Parti libéral du Québec (PLQ) se positionne au deuxième rang avec des appuis allant de 22, 23 et 26 %, selon les firmes qui ont sondé les répondants ces derniers jours.
Le chef du PLQ, Charles Milliard, s'est envolé lundi pour le Nord-du-Québec et l'Abitibi-Témiscamingue.
Sécurité publique, santé mentale et infrastructures
Preuve que la campagne électorale approche de la fin, le bal des engagements a semblé ralentir lundi.
Le PQ a présenté des mesures de sécurité publique qu'il compte mettre en place s'il forme le prochain gouvernement.
Un gouvernement péquiste interdirait les injures proférées aux policiers, imitant ainsi la Ville de Montréal. Une législation serait déposée à l’Assemblée nationale et une commission parlementaire étudierait ensuite la proposition.
QS a promis d’offrir des services de santé mentale dans les 400 points d’accès en CLSC que le parti veut créer, afin de répondre à l’augmentation de la détresse psychologique chez les jeunes.
Le parti veut mettre en place des Équipes-Accueil Santé mentale dans l’ensemble des CLSC pour offrir des services d’aide psychosociale gratuits.
Ces équipes multidisciplinaires seraient composées de professionnels formés en intervention psychosociale, comme des travailleuses sociales, des psychologues, des psychoéducateurs ou encore des infirmières.
Le PCQ a parlé de déréglementation et de partenariats public-privé (PPP) pour l'entretien des infrastructures.
Le parti veut déréglementer l’industrie de la construction et prioriser l’entretien des actifs existants plutôt que la construction de nouveaux projets, en allouant 80 % du budget à l’entretien et aux réparations des infrastructures de l’État.
Cette proportion dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) serait maintenue «jusqu’à ce que le déficit de maintien des actifs représente 6 à 7 % de la valeur de remplacement des infrastructures», une cible que le parti compte atteindre entre cinq et sept ans.
À titre comparatif, le pourcentage du PQI consacré au maintien des actifs a atteint 71 % dans les projections de l’édition 2026-2036, présentée en mars dernier par la CAQ.
Pour limiter les dépassements de coûts, les conservateurs misent également sur le recours accru aux PPP.
Mme Fréchette s'est de nouveau retrouvée à devoir se défendre concernant l'histoire d'une possible ingérence américaine dans l'élection québécoise.
L’employé de la CAQ qui a coulé de l’information au sujet d'une telle allégation à des journalistes à l’insu de la cheffe conserve son poste. Mme Fréchette a déclaré que cela était «malavisé» et que ce genre d’incident ne se reproduira plus.
«Considérant la nature délicate du sujet, il aurait fallu m’en parler avant de contacter des journalistes», a soutenu Mme Fréchette.
Rappelons qu'après avoir dit être «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur des possibles risques d’ingérence étrangère», la première ministre sortante a finalement affirmé qu’il «n’y a pas de nature à craindre pour l’intégrité du processus électoral québécois».
Le vote par anticipation a débuté dimanche et se poursuivait lundi jusqu'à 20h. Le jour du scrutin aura lieu le 5 octobre.
— Avec des informations de Patrice Bergeron, Thomas Laberge, Caroline Plante et Stéphane Blais La Presse Canadienne
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

