Des promesses pour affronter la guerre commerciale avec les États-Unis


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Par La Presse Canadienne, 2024
MONTRÉAL — Sans grande surprise, les chefs conservateur, néo-démocrate et bloquiste ont mis de l'avant, jeudi, leurs engagements pour répondre au conflit commercial avec les États-Unis. Pendant ce temps, le chef libéral portait toujours son chapeau de premier ministre, au lendemain de l'annonce du président américain sur les droits de douane.
Le 12e jour de la campagne électorale fédérale s'est principalement déroulé sur le thème de la riposte canadienne face aux salves tarifaires de Donald Trump. Cette journée marquait d'ailleurs l'entrée en vigueur des droits de douane de 25 % visant le secteur automobile canadien.
Dans ce contexte, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, a proposé d'éliminer la taxe sur les produits et services (TPS) sur les voitures neuves fabriquées au Canada.
Cette mesure demeurerait en place tant et aussi longtemps que les droits de douane des États-Unis restent en vigueur. Elle permettrait une économie de 2500 $ sur une voiture de 50 000 $, selon le PCC. Cette initiative serait aussi une façon «de protéger les emplois ici au Canada», a soutenu M. Poilievre.
La liste des véhicules neufs admissibles fournie aux médias par le parti comprend le Toyota RAV4, les Honda Civic et CRV, le Chevrolet Silverado et d'autres véhicules de constructeurs automobiles ayant des usines en Ontario.
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, s'est engagé, s'il prend les rênes du pays le 28 avril, à introduire des «emprunts de la Victoire» libres d'impôt. Une manière de soutenir l'économie, comme lors des deux guerres mondiales, a-t-il souligné.
Le NPD a expliqué que les emprunts de la Victoire du Canada seraient disponibles en échéances de 5 et 10 ans et porteraient un taux d'intérêt composé de 3,5 %. Les intérêts générés par les emprunts seraient libres d'impôt s’ils étaient conservés jusqu'à leur échéance, a précisé M. Singh.
Les emprunts seraient disponibles par retenue salariale ou en vente libre afin de faciliter la participation des Canadiens. Le parti a précisé que chaque dollar recueilli serait consacré aux infrastructures publiques, comme les routes, les ponts, les transports en commun, les ports, les logements et les réseaux d'aqueduc.
Assurer une place au Québec
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pour sa part réclamé une voix québécoise dans la délégation canadienne qui négociera avec l'administration américaine en vue d'une nouvelle entente de libre-échange.
Le bloquiste réclame des représentants du Québec avec un veto dans cette éventuelle délégation. Ceux-ci seraient choisis par le gouvernement Legault, qui a aussi fait une demande en ce sens.
M. Blanchet a plaidé que des membres québécois permettraient que des enjeux importants pour le Québec soient non négociables lors d'éventuelles négociations avec Washington.
Il a cité, entre autres, la culture, la langue, le maintien de la gestion de l'offre dans son intégralité dans le domaine agricole, la Société des alcools (SAQ), les prérogatives dans la réglementation environnementale, «justice sociale et fiscalité».
De son côté, Mark Carney avait mis sur pause sa campagne électorale comme chef du Parti libéral du Canada pour reprendre ses habits de premier ministre afin de préparer la réponse canadienne aux barrières tarifaires de l'administration américaine.
Il a repris sa tournée jeudi, après avoir annoncé quelques heures plus tôt des droits de douane de 25 % sur tous les véhicules importés des États-Unis qui ne sont pas conformes à l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Comme les autres chefs, M. Carney doit participer à l'émission spéciale «Cinq chefs, une élection» de Radio-Canada jeudi soir. Le diffuseur public propose un entretien en français avec les chefs des cinq partis représentés actuellement aux Communes, dont le cochef Jonathan Pedneault pour le Parti vert du Canada (PVC).
— Avec des informations de Patrice Bergeron et Helen Moka
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne